L'histoire des États-Unis est souvent présentée comme celle de treize colonies britanniques, de leur lutte pour l'indépendance et de la création d'une nouvelle république. Si ce récit est essentiel, il n'en demeure pas moins incomplet. Bien avant la signature de la Déclaration d'indépendance, l'Espagne avait déjà exploré, cartographié, colonisé, défendu et administré de vastes régions du territoire qui allait devenir les États-Unis.
De la Floride et du golfe du Mexique jusqu'au Texas, au Nouveau-Mexique, à l'Arizona, à la Californie et au-delà, les expéditions espagnoles ont établi des routes, des colonies, des missions, des presidios, des ports, des fermes et des systèmes de gouvernement. Les explorateurs et colons espagnols ont apporté en Amérique du Nord les institutions, l'architecture, l'agriculture, l'élevage, la religion, la langue et les traditions juridiques européennes. Parallèlement, ils ont pénétré sur un continent déjà habité par de nombreuses nations autochtones, chacune possédant ses propres alliances politiques, traditions spirituelles, économies et structures sociales complexes.